Aéroports, Maroc

Tanger

Tanger

Tanger est avant tout ambiance. On y a le sentiment de traverser un véritable mythe, qui ne s’effondre pas mais qui s’effrite peu à peu.


Henry de Montherlant l’appelle « Tanger à la gorge bleuâtre, tourterelle sur l’épaule de l’Afrique » .et on ne compte plus les artistes, peintres, photographes, poètes, écrivains, musiciens… qui ne l’ont quitté qu’avec tristesse et regret. Le temps semble s’être cristallisé autour de son faste passé.

Ce n’est ni une ville culturelle ni une ville d’intellectuels, c’est une ville qui s’intellectualise.eh oui ! Rien n’y est anodin, lorsque l’on est sensible à son charme diffus. Paradoxalement, Tanger regorge de petits trésors historiques, délaissés, négligés. Aussi les touristes n’y voient-ils qu’un point de passage .et pourtant, pour peu que l’on prenne le temps de se laisser séduire, Tanger marque à jamais.


Sur les pentes d’une colline qui descend dans les eaux du détroit de Gibraltar, Tanger s’est lovée dans l’une des plus belles baies de la méditerranée, à cheval sur deux continents. C’est la seule ville d’Afrique ou l’on se baigne le matin dans la méditerranée et le soir dans l’atlantique .

c’est aussi un creuset linguistique et culturel, puisqu’on y parle, selon l’humeur, le français, l’arabe ou l’espagnol. Habitée depuis 2500 ans, la ville est en effet marquée par les peuples qui se sont successivement établis sur le pourtour méditerranéen, comme les phéniciens, les romains et, plus récemment, les espagnols. Tanger a toujours été le point de passage entre l’Europe et l’Afrique.

Aujourd’hui, c’est ici que nombre d’africains se heurtent à la porte fermée de l’Europe, dans l’attente d’un passage (et d’un passeur), après avoir traversé une bonne partie du contient.il est difficile de rester insensible à la vue du détroit de Gibraltar, et surtout du contient européen, si loin, si proche.


L’âge d’or international


Tanger, 1923.Alors que le reste du Maroc est aux mains des français et des Espagnols, la position de Tanger à l’entrée du détroit de Gibraltar en fait un lieu éminemment stratégique et par conséquent très disputé.

Elle devient une zone franche internationale un sultan débonnaire et une assemblée représentant neuf grandes puissances dirigent la ville. Son régime fiscal exceptionnel attire commerçants, diplomates et aventuriers de tout poil, mais des artistes, poètes, trafiquants, et milliardaires.


Dans cette ville pleine d’audace et de liberté, dopé par le soutien américain, le (futur) roi Mohammed V prononça en 1947 un discours pour réclamer officiellement l’indépendance pour son pays.


Tanger, 1955. La révolution nationaliste s’enflamme, la débâche s’installe dans les colonies, et Tanger s’enfonce dans la décadence et les trafics en tout genre. Mais elle continue d’aimanter les personnalités les plus marquées.


Le temps de la désillusion


Qu’est devenue la fameuse cité des truands, des bras interlopes et de la traite des blanches ?qu’est devenu le paradis terrestre des artistes ? Cet âge d’or racoleur et fascinant a laissé la place au désœuvrement. Le mythique théâtre Cervantès, construit en 1913 par les Espagnols, est en ruine, ainsi que les arènes sur la route de Tétouan.


Comme le dit Tahar ben Jelloun, natif de la ville, Tanger est « une dame qui n’ose plus se regarder dans un miroir ». Et il suffit justement, lorsque l’on est sensible à ce charme un peu décadent, de passer de l’autre côté de ce fameux miroir.


Mais il faut faire vite car, à l’aube de XXIe, se dessine déjà un autre décor : le Maroc moderne est à l’œuvre et Tanger bouillonne d’une nouvelle sève. Pour le pire, avec l’explosion démographique qui fait croître la ville de façon anarchique et se côtoyer, en ses faubourgs, bidonvilles et grands immeubles de bèton.Ou avec la spéculation qui détruit sans vergogne les zones boisées de sa périphére.

Pour le meilleur, avec le transfert du port marchand loin du centre, avec la suppression de la voie ferrée qui coupait la ville de sa plage et avec de grands travaux d’équipement tels ceux du nouveau stade. Dès que l’on sort de son centre historique, Tanger apparaît comme un gigantesque chantier. Jour après jour, Tanger se réinvente et n’a pas fini de nous surprendre.


Un nouveau Souffle


Voilà ce qui aujourd’hui devrait modifier pour longtemps la ville : le nouveau port Tanger-Med. Contrairement à Hassan II, Mohammed VI cherche à développer le Nord. Le nouveau port de commerce construit à 35 KM, de Tanger ouvre la voie à un très attendu essor économique de la région.

L’idée : dévier le trafic des cargos et des camions de transport routier qui arrivaient jusqu’ici dans le centre de Tanger, et faire un peu respirer la ville. L’enjeu est de taille. Le détroit de Gibraltar étant la deuxième « autoroute maritime » du monde avec 100000 navires passant chaque année, Tanger veut se donner les moyens d’accueillir un trafic en pleine croissance.

Le port devrait même supplanter son voisin espagnol d’Algésiras à terme un port pour les passagers et un terminal à hydrocarbures. Tanger-Med risquant vite de saturer, un autre projet pharaonique est en cours, puisque les autorités réfléchissent déjà à la construction d’un deuxième terminal juste à côté pour accueillir 5 millions de conteurs supplémentaires d’ici à 2012 .

L’objectif est aussi de créer 15000 emplois à l’horizon 2015 et de transformer le Nord en base arrière industrielle pour l’Europe.
Et maintenant que va devenir Tanger ?seul son pittoresque port de pêche devrait survivre, flanqué d’une marina de plaisance.

il s’éloigne, le temps du Tanger rayonnant, place au Tanger moderne.
A voir
Le Grand Socco ou place du 9-Avril-1947 : place assez vaste reliant la ville ancienne à la ville moderne, sans intérêt si ce n’est son activité grouillante, puisque c’est un lieu de passage obligé. Les jeudis et dimanche sont n jours du marché derrière la mosquée Sidi Bou Abib, que l’on appréciera au pas- 9 sage pour son beau minaret recouvert de faïences multicolores.

Vous verrez les 3 paysannes, encore vêtues de leurs traditionnelles fouta rayées, et coiffées d’immenses chapeaux de paille à pompons de laine. C’est sur cette place que le sultan Mohammed ben Youssef prononça, le 9 avril 1947, le discours dans lequel il évoquait l’indépendance du Maroc.

Les rues autour ont subi d’importants travaux et accueillent une succession de marchés couverts proposant de multiples babioles.

La médina et la kasbah : moins intéressante que celle de Tétouan toute proche, la médina de Tanger offre tout de même au routard de passage son contingent de dépaysement ainsi qu’une immersion dans le passé tangérois .

  • Le Petit Socco: au bout de la rue Es-Siaghin, c’est-à-dire des Bijou tiers. Place constamment animée, carrefour central des ruelles de la médina autour duquel s’est peu à peu formée la ville de Tanger, bordée de terrasses de cafés et de petits hôtels. S’arrêter par exemple au café Tingis.

    Les borjs : anciennes redoutes permettant de surveiller la baie et, au besoin, de tirer quelques obus sur un bateau ennemi ! Pour les visiter, suivre la rue Dar-el-Baroud depuis le boulevard Mohammed-VI. Remarquer les systèmes d’orientation des canons, encore en place malgré la rouille et les gravats. Du Bor el-Baroud, tout au bout, belle vue sur le port et la baie. 
    -La kasbah : ancienne forteresse surplombant la médina. On y accède soit depuis le Petit Socco par des ruelles pentues, jalonnées d’échoppes et d’escaliers, soit depuis le borj el-Baroud par la rue alZaitoun.
  • N’échappe pas à une certaine « boboisation », comme en témoignent les maisons d’hôtes qui s’y ouvrent les unes après les autres. Ici, encore plus qu’ailleurs, mieux vaut refuser tout sol licitation des gens dans la rue vous proposant une visite.
    -La fondation Lorin: 44, rue Touahine. Tijsfsam 11h-13h, 15h 19h30. Gratuit, mais il est conseillé de laisser un petit quelque chose pour l’entretien. Grande salle où sont entreposées de nombreuses et vieilles photos (certaines du début du XX° s) des personnalités, événements et édifices qui ont fait Tanger à travers les âges 
    Le port de péche : au bout du bd Mohammed-V, puis à droite charmant port de pêche de Tanger offre le spectacle de son animation colorée et ses montagnes de filets de toutes les couleurs à ravauder, au milieu des cris de mouettes, des interpellations des pêcheurs et du choc des caisses sur le quai.. Un festival de couleurs, d’odeurs et de sons.

  • La terrasse des Paresseux: vous ne pouvez pas la manquer, sur bd Pasteur, proche de la pl. de France C’est le surnom de cette place car, du matin au soir, une population hétéroclite se relaie pour simplement regarder, pendant des heures.
  • Il faut dire que la terrasse offre une vue agréable sur le port et la baie ainsi que, au loin, sur le détroit de Gibraltar et la côte espagnole.

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